Kilos envolés

Eh oui ils sont partis, un à un, tranquillement. C'était il y a déjà plusieurs années. Ils ne sont pas revenus. Je pesais 80 kilos avant, 67 après. Faire un régime, durable, et sans l'accompagnement d'un diététicien, c'est possible. Récit d'un belle réussite personnelle, de mon grand projet de l'année 2001.

Régime
Il y a des différences entre la façon dont on se voit et son apparence réelle.

C'est en 2001 que je les ai chassés. Définitivement. J'ai perdu 13 kg et même à la fin de chacune des trois grossesses qui ont suivi, je n'ai jamais atteint de nouveau le poids que je faisais avant mon régime.

Je ne m'étais pas vraiment vue prendre du poids. Depuis l'adolescence, j'étais ronde et ne m'en souciais peu. Il me semblait que les fabircants de vêtements taillaient trop petit, ce qui m'enquiquinqit, comme les tailles béantes des pantalons qui me serraient aux cuisses. Mais je n'avais de toute facon qu'un intérêt limité pour la mode.
Nous avions un pèse-personne qui prenait la poussière. Je ne sais pourquoi ce soir-là, Christian a décidé de se peser, pestant contre les tables qui le casaient dans la catégorie "presque obèse". Je me suis pesée aussi, pour rire, et j'ai été effarée de lire 79,8 kg. Dans ma tête, je faisais 70 kg. Je m'apercevais tout à coup que j'étais bien plus près des 80 kg.
Je me suis regardée nue et il a fallu une observation rigoureuse pour détecter les défauts que je me cachais. Depuis déjà plusieurs années, je ne mettais plus mes main près de mon ventre en dormant, pour ignorer les bourrelets. Il que je reconnaisse aussi, enfin, qu'il est tout à fait concevable de voir des espaces entre les jambes quand on est debout les pieds serrés. Ce n'était pas mon cas, mes jambes étaient rigoureusement collées de haut en bas.

Mon apparence physique ne correspondait donc pas à l'image intérieure que j'avais de moi. J'ai décidé immédiatement que ca devait changer. Mais je ne me suis pas donnée d'objectif de poids à atteindre. L'objectif était de faire un régime, tous les jours sans exception et de continuer tant que j'y prendrais plaisir. Y prendre plaisir ? Oui, grâce à la satisfaction du travail bien fait chaque jour.

J'ai élaboré un plan mental dans ma tête et dès le lendemain je le mettais en application. Les grandes idées :

Cela se traduisait par une quantité de petites règles au quotidien :

Fort den cette discipline, j'ai vu mon poids osciller de +800g à -600g par jour. Le samedi, jour de fanfare et de bistrot, je prenais systématiquement 600 à 800g. Mais sur la courbe lissée hebdomadaire, je perdais 300 à 500g par semaine.

Il ne faut pas croire que le régime est difficile mais que perdre du poids est un plaisir. Pour moi, ce fut plutôt le contraire. J'étais fière de moi, même si je n'en parlais à personne d'autre qu'à Christian. Je faisais du bon boulot, je commencais à voir des jours entre mes jambes quand j'étais debout les pieds serrés. Et j'étais moche comme un pou quand je sortais de chez moi. Mes vêtements m'allaient comme des sacs. J'ai bien racheté un pantalon au cours de mon régime, parce qu'il fallait une nouvelle tenue pour la fanfare municipale. Au bout d'un mois, je le serrais avec des épingles à nourrice. Un jour de pluie, j'ai acheté mon premier pantalon taille 38, moi qui avait une gare-robe garnie tailles 42 et 44. Je craignais de ne plus entrer dedans si je regrossissais. Dès le premier jour, il était trop grand. Et ca n'a fait qu'empirer. Je me souviens aussi d'entretiens d'embauche où je me sentais assurée sur mes compétences... mais bien peu sur mon apparence physique.

Puis le poids se stabilise. On devient moins strict doucement, sans même penser "fin de régime". J'ai gardé certaines habitudes, parmi lesquelles ne plus sucrer mon café, faire des restes quand je n'ai plus faim, et tester des plats légers dans les restaurants - mais pas toujours.

Et puis, six mois après la fin de mon régime, l'été 2002, j'ai participé à un concours de fanfares. Nous étions déguisés en bourreaux, avec une guillotine sur la scène. Un short moulant noir, des bottes noires et une cagoule noire faisaient toute la tenue des garcons. Bénédicte avait choisi d'y ajouter un T-shirt noir, j'avais quant à moi opté pour un maillot de bain noir shorty - brassière. Nous avons joué nos deux morceaux puis nous avons renfilé nos tenues de ville pour écouter les autres fanfares. Deux copains sont alors venus me demander : "Mais c'est qui la nouvelle fille dans la fanfare Voiture 4 ?" Je vous rappelle que nous portions tous des cagoules sur scène. Moi, j'étais étonnée, je pensais qu'on reconnaissait bien Bénédicte. "Non, pas elle ! L'autre, la bonnasse." Ah, alors c'était moi... On se voyait toutes les semaines, ils n'avaient jamais remarqué avant que j'avais minci. Mais finalement, ils n'auraient jamais osé me dire que j'étais bien fichue...

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Mis à jour le Saturday 11 December 2010.